Chaque semaine, le chroniqueur économique répond aux questions sur les décisions de consommation et les finances personnelles.
Aujourd’hui – à propos du marché du logement au Québec.
Question
« Nous regardons depuis plusieurs mois notre première maison de campagne en banlieue de Montréal. Tout le monde autour de nous dit que le marché ralentit et que les prix vont s’effondrer d’un moment à l’autre, comme dans d’autres régions du Canada. Nous avons décidé d’attendre ! Est-ce que les prix baissent vraiment au Québec ? »
Karine Dubois
Réponse
Karine, la réponse tient en trois mots : tout dépend de l’adresse. Le marché immobilier québécois a cessé d’être un tout homogène – c’est plutôt une courtepointe de situations locales différentes. Les dernières données de l’association des courtiers (APCIQ) pour juin ne font que confirmer ce tableau.
Montréal : ralentissement, mais pas effondrement
Dans l’agglomération de Montréal, les ventes de logements ont reculé de 8 % en juin. Le segment des copropriétés a été le plus touché : les transactions d’appartements ont chuté de 15 %, tandis que le nombre de nouvelles inscriptions a augmenté de 22 %. Il y a plus de vendeurs, moins d’acheteurs.
Sur l’île de Montréal, la vente d’un condo prend désormais en moyenne 52 jours – presque une semaine de plus qu’il y a un an.
Il existe aussi des endroits où les prix baissent réellement. À Vaudreuil-Soulanges, le prix médian d’une maison unifamiliale a diminué de 3 % sur un an. Dans l’ensemble du Québec, les immeubles à revenus (plex) se vendent en moyenne un peu moins cher qu’en 2025 – d’environ un pour cent.
Mais il est important de ne pas confondre ralentissement et baisse. Le prix médian d’une maison unifamiliale dans la province demeure d’environ 515 000 dollars – soit 3 % de plus qu’il y a un an. Les vendeurs sont devenus plus conciliants, mais ils n’ont aucune raison de paniquer.
Et pendant ce temps – à Québec
La région de la capitale, semble-t-il, n’a même pas lu le « bulletin de ralentissement ». Dans la ville de Québec, les ventes ont au contraire augmenté de 12 % en juin, et le prix médian d’une maison unifamiliale a bondi de 6 % – pour atteindre environ 475 000 dollars.
Ici, une maison part en à peine 20 jours. Pendant que les acheteurs à Montréal discutent et négocient, à Québec ils sont encore obligés de se battre aux enchères.
Que faire, Karine ?
Si vous visez un condo à Montréal, le rapport de force a changé au détriment du vendeur. Vous pouvez vous permettre d’offrir en dessous du prix demandé, d’insister calmement sur des conditions d’inspection et d’approbation du crédit – derrière le vendeur, il n’y a déjà plus la file d’acheteurs d’autrefois.
S’il s’agit d’une maison unifamiliale en banlieue, il ne faut pas s’attendre à une vente « féerique » à prix cassés. L’offre reste limitée, et les prix dans ce segment tiennent bon.
Et il ne faut certainement pas attendre une répétition du scénario torontois avec une chute brutale. Au Québec, le marché ralentit bel et bien, mais ne s’effondre pas.
Donc, la question principale aujourd’hui ne se pose pas ainsi : « Quand les prix vont-ils enfin commencer à baisser ? »
Elle est autre : « Combien de temps aurez-vous encore la possibilité de négocier tranquillement ? ».





