L’immobilier avec Lev Golberg : le marché immobilier du Grand Montréal ralentit

Pour autant, il est encore prématuré de parler d’une baisse généralisée des prix ou d’affirmer que toute la région est déjà devenue un marché favorable aux acheteurs. La situation varie considérablement selon le quartier et le type de propriété.En brefEn septembre 2026, 3 082 transactions de vente de logements ont…

Pour autant, il est encore prématuré de parler d’une baisse généralisée des prix ou d’affirmer que toute la région est déjà devenue un marché favorable aux acheteurs. La situation varie considérablement selon le quartier et le type de propriété.

En bref

  • En septembre 2026, 3 082 transactions de vente de logements ont été enregistrées dans le Grand Montréal, soit 12 % de moins qu’un an plus tôt.
  • Le nombre de propriétés mises en vente a augmenté de 20 % pour atteindre 21 793.
  • Sur l’île de Montréal, les copropriétés se sont vendues en moyenne en 73 jours, contre 54 jours en septembre 2025.
  • Les ventes de copropriétés sur l’île ont reculé de 9 %, tandis que l’offre a augmenté de 13 %.
  • Dans les quartiers centraux, notamment Griffintown et Ville-Marie, les acheteurs obtiennent déjà de meilleures conditions de négociation.

Que se passe-t-il sur le marché immobilier ?

Selon Camille Laberge, directrice adjointe et économiste en chef de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le marché du Grand Montréal demeure hétérogène. Dans l’ensemble, les vendeurs conservent pour l’instant l’avantage, mais dans certains segments, le rapport de force évolue nettement.

Les changements sont les plus marqués sur l’île de Montréal, avant tout sur le marché des copropriétés. Ici, le rapport entre l’offre et la demande s’est rapproché de la frontière entre un marché équilibré et un marché favorable aux acheteurs.

Cela est particulièrement visible dans les secteurs où de nouveaux ensembles résidentiels ont été activement construits ces dernières années. À Griffintown et à Ville-Marie, il devient plus facile pour les acheteurs de choisir entre les propriétés et d’obtenir des conditions de transaction plus adaptées.

En revanche, en périphérie de l’île ainsi que dans les banlieues nord et sud du Grand Montréal, les vendeurs conservent pour l’instant des positions plus solides.

Pourquoi les acheteurs ont-ils la vie plus facile ?

La raison principale est l’élargissement du choix, accompagné d’une baisse de l’activité des acheteurs.

En septembre, une copropriété sur l’île de Montréal se vendait en moyenne en 73 jours. Il y a un an, il fallait environ 54 jours. L’allongement du délai de mise en marché signifie que les vendeurs doivent attendre plus longtemps les offres et tenir compte de l’évolution des conditions du marché.

Comme le souligne Camille Laberge, le marché est devenu moins tendu : il y a davantage de propriétés à vendre, et les transactions se concluent plus lentement.

Pour les acheteurs potentiels, cela représente plusieurs avantages :

  • Plus de choix. Il est possible de comparer davantage de propriétés sans prendre de décision immédiatement après la première visite.
  • Moins de concurrence. Dans certains segments, la probabilité de se retrouver face à plusieurs acheteurs visant simultanément la même propriété diminue.
  • Plus de temps pour les vérifications. Il devient possible d’évaluer plus attentivement l’état du logement, les frais d’entretien et les engagements financiers.
  • Plus de marge de négociation. Les vendeurs dont les propriétés restent longtemps sur le marché peuvent se montrer plus ouverts à la discussion sur le prix et les conditions de la transaction.

Cependant, ces avantages ne signifient pas que n’importe quel bien peut désormais être acquis avec un rabais important. Beaucoup dépend de l’emplacement, de l’état du logement et du prix initial.

Que disent les chiffres ?

En septembre 2026, la dynamique suivante a été observée sur le marché du Grand Montréal.

IndicateurVariation sur un an
Nombre de transactions−12 %
Propriétés à vendre+20 %
Volume total des ventes3 082
Offre sur le marché21 793 propriétés

La hausse de l’offre se poursuit depuis déjà 14 mois consécutifs. Le nombre de propriétés mises en vente dépasse actuellement de 18 % la moyenne des dix dernières années.

Cette dynamique atténue progressivement la pression sur les prix : lorsque le choix augmente, il devient plus difficile pour les vendeurs de compter sur une vente rapide uniquement grâce à une forte demande.

Cela dit, la diminution du nombre de transactions ne témoigne pas à elle seule d’une baisse généralisée de la valeur des propriétés. Pour évaluer l’évolution des prix, il faut tenir compte des différentes catégories de logements et des quartiers concernés.

Et ensuite ?

À court terme, beaucoup dépendra de la poursuite ou non de la hausse de l’offre et de l’ardeur avec laquelle les acheteurs reviendront sur le marché.

Si le nombre de propriétés à vendre continue de croître et que la demande reste modérée, la position de négociation des acheteurs pourrait se renforcer. Cela concerne en premier lieu les segments où l’offre dépasse déjà nettement le niveau habituel, y compris certains quartiers comptant de nombreuses nouvelles copropriétés.

Toutefois, dans les banlieues, où l’offre est limitée et la demande reste soutenue, les vendeurs pourraient continuer à conserver l’avantage.

Par conséquent, ceux qui envisagent un achat devraient s’appuyer non seulement sur les statistiques générales du Grand Montréal, mais aussi sur les indicateurs du quartier et du type de propriété qui les intéressent.

Questions fréquentes

Le ralentissement du marché signifie-t-il que les prix des logements vont nécessairement baisser ?

Non. L’augmentation de l’offre et la diminution du nombre de transactions atténuent la pression sur les prix, mais ne garantissent pas leur baisse dans tous les quartiers et toutes les catégories de propriétés.

Où les acheteurs ont-ils actuellement intérêt à chercher un logement ?

Il convient d’abord de porter son attention sur les quartiers centraux de l’île de Montréal, notamment Griffintown et Ville-Marie, où l’augmentation de l’offre de nouvelles copropriétés intensifie la concurrence entre les vendeurs.

Pourquoi les copropriétés se vendent-elles plus lentement ?

Parmi les facteurs : l’augmentation du nombre de propriétés disponibles et une demande plus calme. Les acheteurs disposent de plus de possibilités de comparaison et peuvent prendre leur décision plus longtemps.

Les vendeurs conservent-ils l’avantage en banlieue ?

Dans de nombreux secteurs des couronnes nord et sud du Grand Montréal, le marché reste favorable aux vendeurs, bien que le ralentissement général touche également ces territoires.

Commentaire exclusif

Le marché immobilier montréalais entre dans une période où la simple mise en vente d’une propriété ne garantit plus une transaction rapide. Après une longue période de forte concurrence, l’augmentation de l’offre redonne progressivement aux acheteurs la possibilité de choisir, de comparer et de discuter des conditions.

Mais le principal changement ne réside pas forcément dans la baisse des prix, mais dans le rétablissement progressif de l’équilibre. Pour l’acheteur, c’est la chance de prendre sa décision de façon plus réfléchie ; pour le vendeur, c’est un rappel que le prix réaliste et une stratégie de vente judicieuse deviennent de plus en plus importants.

C’est précisément pourquoi il est aujourd’hui particulièrement important de considérer le marché non pas comme un tout homogène, mais comme un ensemble de marchés locaux, dont chacun évolue selon ses propres règles.

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