Lev Golberg : quatre mythes sur l’achat immobilier auxquels il est temps de cesser de croire

Posséder son propre appartement ou sa propre maison est traditionnellement considéré comme un symbole de réussite financière. Pourtant, en 2026, alors que les prix de l’immobilier au Québec ont atteint des niveaux records, de nombreuses idées reçues sur l’achat d’un logement ne correspondent déjà plus à la réalité.Selon le conseiller…

Posséder son propre appartement ou sa propre maison est traditionnellement considéré comme un symbole de réussite financière. Pourtant, en 2026, alors que les prix de l’immobilier au Québec ont atteint des niveaux records, de nombreuses idées reçues sur l’achat d’un logement ne correspondent déjà plus à la réalité.

Selon le conseiller financier Nicolas Karaoglanian, la décision d’acheter un bien immobilier ne doit pas être prise sous l’influence de stéréotypes, mais après une analyse approfondie de ses propres capacités financières.

Aujourd’hui, le prix médian d’une maison unifamiliale à Montréal est d’environ 780 000 dollars, et dans la région de Québec — 486 500 dollars. Dans ce contexte, l’expert propose de revoir les quatre mythes les plus répandus.

Mythe no 1. Acheter une maison est la meilleure façon de s’enrichir

Beaucoup sont convaincus que l’immobilier est toujours l’investissement le plus rentable. Pourtant, c’est loin d’être le cas.

Karaoglanian rappelle que les propriétaires oublient souvent de prendre en compte les dépenses connexes :

  • taxe foncière ;
  • assurance ;
  • entretien ;
  • rénovations majeures ;
  • frais de services publics.

L’expert propose d’utiliser ce qu’on appelle la « règle des 5 % ». Le prix du logement est multiplié par 5 %, puis divisé par 12 mois. La somme obtenue indique le coût mensuel approximatif de la détention d’un bien immobilier.

Par exemple, pour une maison d’une valeur de 450 000 dollars, cela représente environ 1 875 dollars par mois.

Si un logement comparable peut être loué moins cher, la location peut s’avérer une décision financière plus avantageuse, surtout si l’argent économisé est investi régulièrement dans l’épargne-retraite (RRSP), un compte d’épargne libre d’impôt (TFSA) ou d’autres instruments de placement.

Selon le spécialiste, aux prix actuels, un locataire discipliné peut tout à fait, au bout de 20 à 25 ans, accumuler un capital comparable, voire supérieur, à celui d’un propriétaire.

Mythe no 2. Tout le monde doit chercher à devenir propriétaire

L’expert estime que l’achat immobilier est loin d’être un objectif universel.

Pour les personnes qui :

  • changent souvent de lieu de résidence ;
  • privilégient la mobilité ;
  • investissent régulièrement leurs fonds disponibles,

la location peut être un choix plus rationnel.

Il reconnaît toutefois que l’hypothèque a un effet d’« épargne forcée » : une partie du paiement mensuel sert automatiquement à rembourser le capital. Pour les personnes qui ont du mal à mettre de l’argent de côté par elles-mêmes, cela peut effectivement constituer un avantage.

Mythe no 3. Si la banque a approuvé l’hypothèque, c’est que vous pouvez vous le permettre

Obtenir une préapprobation hypothécaire ne signifie pas du tout que l’achat sera confortable pour le budget familial.

La banque évalue uniquement la capacité du client à assurer le service de la dette, mais ne tient pas compte du mode de vie habituel.

L’expert conseille de se poser quelques questions :

  • restera-t-il de l’argent pour voyager ;
  • pourrez-vous continuer à aller au restaurant ;
  • aurez-vous suffisamment de moyens pour les loisirs et le repos ;
  • ne devrez-vous pas renoncer à votre niveau de vie habituel.

Autrement dit, la capacité financière d’acheter une maison et le confort financier sont deux choses différentes.

Mythe no 4. La dépense principale est le paiement hypothécaire

De nombreux futurs propriétaires sous-estiment les dépenses supplémentaires.

En plus de l’hypothèque, il faut tenir compte de :

  • la taxe de mutation immobilière (la soi-disant « taxe de bienvenue ») ;
  • l’assurance habitation ;
  • les frais de déménagement ;
  • l’achat de meubles ;
  • les réparations et la mise à jour de la maison.

De plus, les spécialistes recommandent de mettre de côté chaque année 1–1,5 % de la valeur du bien pour l’entretien et les rénovations majeures.

Pour une maison d’une valeur de 450 000 dollars, cela représente entre 4 500 et 6 750 dollars par an.

Même si des dépenses importantes ne surviennent pas chaque année, avec le temps, pratiquement tout propriétaire doit remplacer le toit, les fenêtres, l’équipement de chauffage ou effectuer d’autres travaux coûteux.

Pas seulement des chiffres, mais aussi des circonstances de vie

Nicolas Karaoglanian conseille, avant d’acheter, de tenir compte non seulement de l’état du compte bancaire, mais aussi de la situation de vie.

Si une personne :

  • n’est pas sûre de la stabilité de sa relation ;
  • travaille avec un contrat temporaire ;
  • prévoit de déménager dans les prochaines années,

la location d’un logement peut s’avérer une décision plus raisonnable, même si le revenu permet d’obtenir une hypothèque.

Selon l’expert, aujourd’hui, l’achat immobilier n’est pas une voie obligatoire vers le bien-être financier, mais seulement l’un des outils possibles. Et avant de signer un contrat hypothécaire, il vaut la peine d’évaluer non seulement le prix de la maison, mais aussi dans quelle mesure elle correspond à vos projets de vie à long terme.

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