Le marché immobilier canadien figé dans l’attente : les ventes reculent, les vendeurs reviennent

Le marché immobilier canadien a terminé le mois d’août sans regain notable. Les ventes de logements ont diminué de près de 7 % par rapport à août de l’an dernier, les prix n’ont pratiquement pas changé, et l’incertitude économique pousse les acheteurs à adopter une posture d’attente. Dans le même…

Le marché immobilier canadien a terminé le mois d’août sans regain notable. Les ventes de logements ont diminué de près de 7 % par rapport à août de l’an dernier, les prix n’ont pratiquement pas changé, et l’incertitude économique pousse les acheteurs à adopter une posture d’attente. Dans le même temps, l’offre augmente progressivement : les vendeurs remettent sur le marché un nombre croissant de biens.

Selon l’Association canadienne de l’immobilier (ACI), 37 504 transactions ont été conclues dans le pays en août, soit 6,9 % de moins qu’un an plus tôt.

En tenant compte des facteurs saisonniers, l’activité du marché a encore reculé de 0,7 % sur un mois par rapport à juillet.

En bref

  • En août, 37 504 biens immobiliers ont été vendus.
  • Les ventes ont reculé de 6,9 % en glissement annuel.
  • Par rapport à juillet, l’activité a diminué de 0,7 % après ajustement saisonnier.
  • 668 219 $, en hausse de 0,6 % sur un an.
  • L’indice des prix MLS a baissé de 3 % sur un an et n’a pas changé par rapport à juillet.
  • Les nouvelles inscriptions ont augmenté de 3,3 % sur un mois.
  • 200 000 biens — soit 1,4 % de plus qu’il y a un an.

Que se passe-t-il sur le marché ?

La principale caractéristique du marché canadien actuel est l’absence de mouvements brusques.

Selon Shaun Cathcart, économiste en chef de l’ACI, pour le quatrième mois consécutif, le volume des ventes et les tendances des prix restent globalement stables.

C’est surtout le contexte économique externe qui a changé.

La Banque du Canada met en garde contre de nouveaux risques inflationnistes, et la solidité de la récente croissance économique demeure incertaine. Sur le marché hypothécaire, cela se reflète déjà.

Les taux hypothécaires fixes augmentent à la suite de la hausse des rendements obligataires. Parallèlement, les marchés financiers intègrent de nouveau la possibilité d’une hausse des taux variables au cours de l’année.

Résultat : les acheteurs potentiels ne se pressent pas de prendre des décisions.

Pourquoi les Canadiens reportent-ils leur achat ?

La situation est bien illustrée par le marché d’Halifax.

Scott Moulton, courtier chez Royal LePage Atlantic, affirme que l’été dans sa région a été « très calme ». Selon lui, les acheteurs gardent confiance dans le marché local et dans l’immobilier comme investissement, mais préfèrent attendre.

Parmi les raisons, il cite les tarifs douaniers et l’incertitude sur le marché du travail.

La logique des acheteurs est aujourd’hui assez simple : s’il n’y a pas de nécessité d’acheter précisément aujourd’hui, on peut attendre et voir comment évolueront les événements économiques.

Ainsi, il s’agit plutôt non pas d’un rejet massif de l’immobilier, mais d’une pause.

Que se passe-t-il avec les prix ?

Le prix moyen des biens immobiliers vendus en août s’est établi à :

668 219 $.

Cela représente seulement 0,6 % de plus qu’il y a un an.

Dans le même temps, l’indice des prix MLS, plus représentatif car il tient compte des biens typiques, n’a pratiquement pas changé sur un mois.

En glissement annuel, il a reculé de 3 %.

Autrement dit, le marché canadien ne montre pas, pour l’instant, de nouvelle hausse significative des prix.

Pourquoi parle-t-on d’un marché stable ?

Robert Kavcic, économiste en chef à la Bank of Montreal, qualifie la situation de molle au regard des standards historiques, mais pas encore comme ayant totalement épuisé ses possibilités de reprise.

Selon son évaluation, le marché canadien est resté stable tout l’été et, à l’échelle nationale, un équilibre relatif entre l’offre et la demande se maintient.

Cependant, les plus grands marchés — le sud de l’Ontario et une grande partie de la Colombie-Britannique — restent à la traîne.

Une baisse des ventes est observée dans la plupart des régions du pays.

La particularité du marché actuel tient aussi au fait que l’ancienne activité spéculative en a pratiquement disparu. Les investisseurs sont devenus nettement moins visibles, les prix sont sous pression, et les volumes de transactions restent faibles et relativement stables.

Les vendeurs sont plus nombreux

Dans ce contexte, une autre tendance importante apparaît.

En août, le nombre de nouvelles inscriptions a augmenté de 3,3 % par rapport à juillet.

C’est particulièrement notable après trois mois consécutifs de baisse du nombre de nouvelles annonces.

À la fin août, un peu moins de 200 000 biens étaient en vente sur le marché canadien.

C’est 1,4 % de plus qu’il y a un an.

De plus, la hausse de l’offre est observée sur pratiquement tous les plus grands marchés du pays.

Selon l’ACI, l’augmentation particulièrement marquée des stocks à la fin août peut indiquer que les vendeurs ont décidé de ne pas attendre l’automne et ont mis leurs biens sur le marché à l’avance.

Que se passera-t-il à l’automne ?

Pour l’instant, le marché entre dans la saison automnale sans impulsion évidente pour une reprise rapide.

D’un côté, l’augmentation du nombre de maisons mises en vente élargit le choix pour les acheteurs.

De l’autre, le coût élevé du crédit, l’incertitude autour de l’économie, des tarifs douaniers et de l’emploi incitent les acheteurs potentiels à la prudence.

C’est précisément pour cette raison que les experts ne s’attendent pas à un bond soudain de l’activité.

Questions fréquentes

De combien les ventes de logements ont-elles baissé au Canada ?
En août, 37 504 transactions ont été conclues — soit 6,9 % de moins qu’en août 2025.

Les prix augmentent-ils ou baissent-ils ?
Le prix moyen des transactions a augmenté de 0,6 % sur un an et a atteint 668 219 $. Cependant, l’indice MLS a reculé de 3 % en glissement annuel.

Y a-t-il plus de biens immobiliers sur le marché ?
Oui. Les nouvelles inscriptions ont augmenté de 3,3 % sur un mois, et le nombre total de biens en vente s’est révélé supérieur de 1,4 % au niveau d’il y a un an.

Pourquoi les acheteurs attendent-ils ?
Parmi les facteurs cités figurent l’incertitude économique, les tarifs, l’état du marché du travail et les changements des taux hypothécaires.

Peut-on parler d’un nouvel effondrement du marché ?
Les données présentées ne le montrent pas. Les ventes sont inférieures au niveau de l’an dernier, toutefois les prix et l’offre restent relativement stables, et les experts décrivent le marché comme mou et équilibré, et non comme étant en situation d’effondrement brutal.

Commentaire unique

Le marché du logement canadien ressemble aujourd’hui à un marché qui s’est arrêté avant le prochain virage.

Les acheteurs n’ont pas disparu — ils ne se pressent simplement pas. Les vendeurs, au contraire, commencent à revenir et à mettre davantage de biens en vente. Les prix n’augmentent plus au même rythme, mais une chute brutale à l’échelle du pays ne se produit pas encore.

La différence entre deux chiffres d’août est particulièrement révélatrice : les ventes ont diminué de 6,9 %, tandis que les nouvelles inscriptions ont augmenté de 3,3 %.

Cela signifie que le marché devient progressivement plus favorable à ceux qui sont prêts à attendre et à choisir. Mais la question principale reste ouverte : cette pause sera-t-elle le début d’une reprise progressive, ou bien l’incertitude économique continuera-t-elle de maintenir l’immobilier canadien dans un état d’attente.

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