La profession d’agent immobilier au Québec continue de faire l’objet de critiques, mais la majorité des acheteurs et des vendeurs de biens immobiliers préfèrent toujours recourir aux services de spécialistes. C’est ce qu’a déclaré le coporte-parole de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) et courtier immobilier Marc Lacasse dans une entrevue accordée au journal La Presse.
Le point de départ de la discussion a été un débat publié plus tôt sur le montant des commissions dans le secteur immobilier. Certains anciens courtiers estiment que les commissions actuelles restent trop élevées et insuffisamment transparentes pour les consommateurs.
L’un des problèmes sur lesquels Lacasse a attiré l’attention est la compréhension insuffisante, par les courtiers, des dispositions de la Loi sur la concurrence. Selon lui, de nombreux professionnels interprètent à tort la législation et pensent qu’ils n’ont pas le droit de discuter publiquement des montants des commissions.
« Vous avez tout à fait raison. Malgré les nombreuses clarifications que nous avons publiées ces dernières années, cette loi demeure encore peu connue dans notre profession », a souligné le représentant de l’APCIQ.
Lacasse a précisé que les courtiers ont le droit d’indiquer le montant de leurs commissions, mais qu’il est important d’éviter des déclarations qui pourraient être perçues comme une tentative de coordonner la politique tarifaire de l’ensemble du secteur.
Une attention particulière, dans l’entrevue, a été accordée au système de rémunération des courtiers représentant les intérêts des acheteurs. Ces dernières années, des cas ont été activement discutés sur les réseaux sociaux, où certains agents affirmaient qu’ils ne feraient pas visiter des biens immobiliers à leurs clients si la commission proposée au courtier collaborateur s’avérait trop faible.
Selon Lacasse, de telles conclusions ne reflètent pas toujours la situation réelle du marché.
« En fin de compte, c’est le client qui décide quels biens il veut voir. Si mon client veut visiter une maison précise, j’organiserai обязательно cette visite », a-t-il souligné.
Néanmoins, le représentant de l’APCIQ a reconnu que certaines attentes se sont installées sur le marché quant au niveau de la commission. Lorsque les courtiers ont l’habitude de recevoir environ 2 % sur une transaction, des offres de quelques centaines de dollars peuvent être perçues comme disproportionnées par rapport au volume de travail effectué.
La question de savoir dans quelle mesure il est logique que le vendeur paie les services du courtier de l’acheteur reste également un sujet de débat. Toutefois, comme l’a noté Lacasse, le modèle actuel est encadré par l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), et les courtiers sont tenus de respecter les règles établies.
Malgré les critiques, la popularité des services des agents immobiliers continue de croître. Selon les données de l’APCIQ, aujourd’hui environ 80 % de toutes les transactions immobilières dans la province se font avec la participation de courtiers. À titre de comparaison, il y a encore quelques années, cet indicateur se situait au niveau de 70–75 %.
Selon Lacasse, une croissance particulièrement notable s’est produite pendant la pandémie de COVID-19, lorsque de nombreux acheteurs et vendeurs de biens immobiliers ont apprécié les avantages d’un accompagnement professionnel des transactions.
« Jamais auparavant dans l’histoire du Québec autant de transactions immobilières n’étaient passées par des courtiers qu’aujourd’hui », a-t-il noté.
Ainsi, malgré les débats persistants autour des commissions et des méthodes de travail de certains acteurs du marché, la majorité des habitants de la province considèrent toujours les services de courtiers professionnels comme un élément important d’une transaction immobilière sûre et efficace.





