La hausse du coût de la vie, les tarifs américains et les mesures de rétorsion du Canada, le ralentissement du marché du travail — les raisons de s’inquiéter ne manquent pas aujourd’hui pour les Canadiens. S’y ajoute la nécessité de renouveler son hypothèque ; toutefois, selon un nouveau sondage de Royal LePage, les résidents du Québec abordent cette étape un peu plus sereinement que les Canadiens dans leur ensemble.
En bref
- 33 % des résidents du Québec disent ressentir aujourd’hui plus d’anxiété à l’idée de renouveler leur hypothèque que la dernière fois.
- 35 %.
- 39 % des Québécois s’attendent à une hausse du paiement hypothécaire mensuel.
- 38 %.
- 20 % des résidents du Québec se sentent plus calmes qu’avant le renouvellement précédent.
- 12 % de tous les prêts hypothécaires au pays.
Que se passe-t-il avec les hypothèques ?
Au cours de la prochaine année, arriveront à échéance les dernières hypothèques fixes de cinq ans contractées durant la période de taux d’intérêt historiquement bas.
Pour de nombreux propriétaires, cela signifie un passage à de nouvelles conditions d’emprunt et, par conséquent, un paiement mensuel potentiellement plus élevé.
Cependant, la crise hypothécaire de défauts de paiement massifs, redoutée après la forte hausse des taux, ne s’est pas produite jusqu’à présent.
Cela ne signifie pas que la situation ne crée pas de difficultés pour les familles. Selon le sondage, 65 % des résidents du Québec estiment que l’augmentation du paiement hypothécaire constituera une charge financière importante pour leur famille. Au Canada dans son ensemble, 76 % des propriétaires partagent ce point de vue.
Pourquoi les Québécois ressentent-ils moins d’anxiété ?
L’écart avec les indicateurs pancanadiens n’est pas énorme, mais il est perceptible.
Au Québec, 33 % des répondants ont déclaré une anxiété plus élevée avant le renouvellement actuel de leur hypothèque, contre 35 % à l’échelle du pays.
Parallèlement, 20 % des Québécois ont déclaré être moins inquiets que lors du renouvellement précédent. Au Canada dans son ensemble, cette proportion est de 17 %.
Selon Sean Brodie, courtier chez Royal LePage Altitude à Montréal, les propriétaires ayant contracté une hypothèque il y a quelques années à environ 2 % pourraient maintenant faire face à une hausse du paiement mensuel de plusieurs centaines de dollars.
Mais, selon son évaluation, la situation est rendue plus supportable par le capital accumulé par les propriétaires dans leur bien immobilier, l’état du marché du travail et un marché du logement relativement plus abordable au Québec.
Pourquoi la crise hypothécaire ne s’est-elle pas encore produite ?
Le président et chef de la direction de Royal LePage, Phil Soper, souligne plusieurs facteurs.
Les taux d’intérêt ont déjà nettement baissé par rapport aux sommets atteints après la pandémie, et les salaires ont continué d’augmenter. Ainsi, une partie des familles compense la hausse du paiement hypothécaire en réduisant les dépenses liées à d’autres achats non essentiels.
C’est précisément pourquoi, malgré les craintes, aucune vague massive de défauts hypothécaires n’est apparue.
Pour certaines familles, le renouvellement du prêt implique effectivement une réorganisation importante du budget familial. Mais pour la majorité des emprunteurs, il s’agit pour l’instant d’une adaptation des dépenses, et non d’une perte du logement.
Où les Canadiens contractent-ils leur hypothèque ?
Un autre résultat intéressant du sondage est la part toujours extrêmement élevée des plus grandes banques sur le marché hypothécaire.
Au Québec, 93 % des emprunteurs ont une hypothèque auprès de l’une des plus grandes institutions financières du pays : TD, RBC, CIBC, BMO, National Bank ou Desjardins.
Au Canada dans son ensemble, l’indicateur est de 87 %.
Part des prêteurs alternatifs ou secondaires :
- 4 % des hypothèques au Québec ;
- 8 % au Canada dans son ensemble.
Recours à des prêteurs privés :
- 2 % des emprunteurs au Québec ;
- 4 % à l’échelle du pays.
Qu’est-ce que cela signifie pour les propriétaires ?
Le renouvellement d’hypothèque devient pour de nombreuses familles une sorte d’épreuve budgétaire. Toutefois, la situation actuelle diffère nettement des scénarios les plus inquiétants qui étaient évoqués il y a quelques années.
Les propriétaires dont le renouvellement approche devront comparer le nouveau paiement à leurs revenus et à leurs dépenses. Dans le même temps, la baisse des taux par rapport aux niveaux de pointe et la hausse des salaires atténuent partiellement les conséquences.
Pour le Québec, un facteur supplémentaire demeure la valeur immobilière accumulée : les capitaux propres offrent aux propriétaires une certaine marge financière.
La principale conclusion des dernières données est simple : le renouvellement d’hypothèque reste une charge financière importante, mais il ne s’est pas transformé, pour l’instant, en la situation de crise hypothécaire de masse que l’on redoutait après la forte hausse des taux.





