Les problèmes d’accessibilité au logement, l’incertitude économique persistante et les tensions commerciales continues avec les États-Unis signifient que le marché immobilier canadien est peu susceptible de connaître un vif regain d’activité en 2026. Néanmoins, selon les experts, les acteurs du marché ont des raisons d’être prudemment optimistes.
La Banque du Canada a terminé l’année 2025 en maintenant le taux d’intérêt directeur inchangé le 10 décembre, et dans les mois à venir, elle ne signale pas de volonté de le réduire fortement. À première vue, cela peut sembler une mauvaise nouvelle pour les acheteurs potentiels, qui ont déjà été évincés du marché en raison du coût élevé du logement. Cependant, pour ceux qui ont retardé leur achat en attendant des taux encore plus bas, la stabilité actuelle peut devenir un incitatif à agir.
Le chef économiste de la Banque de Montréal (BMO), Doug Porter, estime que des taux stables et relativement bas peuvent jouer un rôle positif. Selon lui, une certaine clarté, même si elle n’est pas absolue, peut soutenir le marché et ramener une partie des acheteurs qui avaient adopté une position d’attente.
Une baisse significative des taux a déjà eu lieu
Depuis la mi-2024, le taux directeur de la Banque du Canada, qui influence les taux hypothécaires variables et les lignes de crédit garanties par des biens immobiliers, a été réduit de plus de moitié — passant de 5 % en juin 2024 à 2,25 % à la fin de 2025. C’est l’un des cycles de relâchement de la politique monétaire les plus rapides et les plus étendus des dernières décennies.
Selon Porter, cela a déjà amélioré les perspectives pour les acheteurs. Cependant, le facteur décisif reste le conflit commercial entre le Canada et les États-Unis, qui dure depuis l’entrée en fonction de Donald Trump en janvier. L’expert souligne que le marché du logement a besoin de clarté dans les relations commerciales, sinon l’incertitude continuera de freiner l’activité.
Dans l’ensemble, l’économiste s’attend à ce que le marché « dégel » légèrement en 2026, mais ne devienne pas vraiment chaud. La croissance, selon ses estimations, sera modérée.
Différences régionales marquées
Les perspectives du marché immobilier au Canada dépendent encore fortement de la région. Il n’existe pas de marché « national » unique — et cette disparité est particulièrement visible actuellement. En 2025, l’Ontario et la Colombie-Britannique, où une forte demande a été observée pendant la pandémie, ont été confrontées à des ventes stagnantes et à une crise sur le marché des condominiums. En revanche, les provinces atlantiques et le Québec ont affiché des résultats plus résilients.
Porter note que le sud de l’Ontario reste sous une forte pression en raison du coût élevé du logement et des problèmes d’accessibilité. De plus, l’Ontario dépend plus que d’autres régions du commerce avec les États-Unis, ce qui le rend particulièrement vulnérable face à l’incertitude commerciale.
Une hausse des taux peu probable
Bien que l’accessibilité au logement continue de varier considérablement d’une région à l’autre, il y a aussi de bonnes nouvelles sur le front des taux : la Banque du Canada a apparemment terminé son cycle de baisse des taux, mais n’est pas encore prête à les augmenter.
Contrairement à d’autres pays, comme l’Australie, où un resserrement de la politique monétaire est discuté, le Canada se trouve dans une situation différente. L’économie du pays dépend beaucoup plus du commerce avec les États-Unis, et l’incertitude entourant la révision de l’accord USMCA, prévue pour 2026, continue de peser.
Tant que ce « nuage sombre » ne se dissipera pas, les discussions sur une hausse des taux au Canada semblent prématurées, estiment les économistes.





