Le marché des logements locatifs à Montréal montre les premiers signes d’affaiblissement : le taux de vacance a augmenté, cependant la hausse des loyers rend toujours le logement inabordable pour des milliers de familles à faibles revenus. C’est ce qu’indique un nouveau rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).
Selon les données de la SCHL, en 2025, le taux de vacance dans la ville a atteint 2,9 %. Cette augmentation s’explique par l’accroissement des volumes de construction achevée, ainsi que par la diminution du nombre de résidents temporaires — étudiants internationaux et travailleurs temporaires. Dans ce contexte, le plus grand nombre d’appartements vacants se trouve dans les nouveaux bâtiments à loyers élevés, tandis que le logement abordable reste en pénurie.
Malgré l’augmentation du taux de vacance, les loyers continuent d’augmenter. Le coût des appartements de deux chambres a augmenté de 7,2 % entre 2024 et 2025. Dans certains nouveaux bâtiments coûteux, les appartements restent vides, et les propriétaires offrent des incitations — par exemple, des mois de loyer gratuits — pour attirer des locataires.
L’augmentation des prix frappe durement les locataires à faibles revenus. Beaucoup sont contraints de choisir entre le paiement du loyer et les besoins de base — nourriture, médicaments et transport. Selon des représentants d’organisations de défense des droits, une telle situation peut conduire à la perte de logement et même à l’itinérance.
Une pression supplémentaire a été exercée par la décision du Tribunal administratif du logement du Québec, qui a recommandé une augmentation record des loyers — 5,9 % en 2025. Pour de nombreux locataires, cela signifie des coûts supplémentaires de 50 à 70 dollars par mois — une somme qui devient critique dans un budget déjà tendu. À partir de 2026, le gouvernement du Québec prévoit de modifier la méthode de calcul de l’augmentation des loyers, mais des inquiétudes persistent.
Les défenseurs des droits soulignent que les mécanismes du marché ne résolvent pas le problème de l’accessibilité au logement. Selon eux, la clé réside dans le développement de logements sociaux, qui échappent à la logique du marché privé. Les investissements dans de tels projets, ainsi qu’un contrôle plus strict de l’augmentation des loyers, sont considérés comme des mesures nécessaires pour protéger le droit au logement.
Bien que dans certains quartiers — au centre de Montréal, à Notre-Dame-de-Grâce et sur la Rive-Sud — des délais de publication d’annonces plus longs et une diminution de l’intérêt des locataires soient notés, le logement abordable reste une rareté. Les experts avertissent : sans actions actives de la part du gouvernement, la crise de l’accessibilité ne fera que s’aggraver, en particulier pour les groupes vulnérables, y compris les parents isolés avec enfants.
À l’approche des prochaines élections, la politique du logement et les investissements dans le logement social pourraient, selon les analystes, devenir l’un des sujets clés des débats publics et politiques.





