Le gouvernement de Mark Carney lance en 2026 un paquet de mesures de soutien aux acheteurs de leur première maison, proposant des allégements fiscaux, des limites élargies sur les REER et des durées hypothécaires plus longues. Ces mesures visent à réduire l’apport initial et les paiements mensuels, mais les experts doutent qu’elles résolvent la crise systémique de l’accessibilité.
Nouveaux allégements fiscaux
La suppression de la TPS (taxe sur les produits et services) pour les nouvelles constructions d’une valeur allant jusqu’à 1 million de dollars promet une économie allant jusqu’à 50 000 dollars pour les premiers acheteurs. La limite du programme de Plan d’acheteur de maison (PAM) passera de 35 000 à 60 000 dollars, permettant de retirer plus de fonds des REER sans impôts sur la contribution. La règle de l’amortissement sur 30 ans pour les hypothèques assurées sur les nouvelles constructions est déjà en vigueur, au lieu des 25 ans précédents.
Réaction du marché
Le président de Royal LePage, Phil Soper, voit dans les allégements un incitatif pour ceux qui « hésitent »: avec la stabilisation des prix, ces mesures inciteront à l’achat. Le PDG de Pine, Justin Herlick, accueille les allégements pour les nouvelles constructions, mais note l’augmentation de l’âge moyen du premier propriétaire — le marché est devenu inaccessible pour les jeunes familles.
Limitations des mesures
Les experts sont unanimes : sans augmentation de l’offre, les allégements ne sont qu’un pansement sur une plaie. Le ratio « prix/revenu » augmente : le prix moyen d’une maison est de 690 000 dollars (plus de 1 million dans la GTA), les revenus ne suivent pas. Soper avertit : lorsque le marché sortira de la récession, les incitations attiseront la demande, accélérant la hausse des prix.
La construction comme clé
Le gouvernement Carney a créé l’agence Build Canada Homes et a alloué 25 milliards de dollars sur 5 ans pour accélérer la construction, y compris des logements abordables et modulaires. La SCHL estime le besoin à 430–480 000 unités par an pour revenir à l’accessibilité de 2019. Le bureau du budget parlementaire critique l’absence de plan concernant les types de logements.
Perspectives pour les acheteurs
Les mesures aideront ceux qui sont proches du marché, mais ne résoudront pas le problème pour la majorité. Le Canada reste l’un des pays les moins accessibles en matière de logement : les prix augmentent plus vite que les salaires, l’offre est en retard, et la démographie aggrave la pénurie. Sans un boom de la construction, les allégements ne feront que retarder la crise.





