Vous avez acquis une maison il y a seulement deux mois. Sur le papier, tout semblait parfait… mais la réalité s’est avérée différente : les enfants n’aiment pas la nouvelle école, personne dans la famille n’apprécie le quartier, les trajets quotidiens sont épuisants, et l’enthousiasme initial a rapidement disparu. Quand ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas. Et, malgré les énormes dépenses liées au déménagement, une pensée résonne de plus en plus dans votre tête : partir le plus vite possible.
Cependant, rompre un prêt hypothécaire fermé si tôt après sa signature peut coûter très cher. Les pénalités bancaires, les frais de notaire, la taxe sur le transfert de propriété (appelée « taxe de déménagement »), ainsi que la commission de l’agent immobilier — tout cela doit être pris en compte avant de prendre une décision.
Coût de la rupture anticipée de l’hypothèque
Tout d’abord, les spécialistes conseillent de contacter la banque et de demander un calcul écrit des pénalités.
- Avec un taux d’intérêt variable, la pénalité est généralement égale à trois mois d’intérêts.
- Avec un taux fixe, la plus élevée des deux sommes est appliquée : soit trois mois d’intérêts, soit une compensation pour la différence de taux (IRD), calculée comme la différence entre votre taux contractuel et le taux du marché actuel pour la durée restante du prêt.
Option avantageuse : transfert de l’hypothèque
La portabilité de l’hypothèque permet de transférer le prêt en cours à un autre bien immobilier, en conservant le taux d’intérêt actuel et en évitant les pénalités.
À vérifier :
- La présence de cette option dans le contrat hypothécaire.
- Approbation du nouveau bien par la banque (délai — de 30 à 120 jours).
- En cas d’augmentation du montant emprunté, la partie supplémentaire est contractée au taux actuel.
- Des frais d’évaluation et administratifs peuvent s’appliquer (de 200 à 600 dollars).
Question d’assurance
Si l’hypothèque était assurée (avec un apport initial minimal), la couverture d’assurance peut, dans certains cas, être transférée au nouveau bien chez le même prêteur sans paiement d’une nouvelle prime. En général, cette possibilité n’est offerte qu’une seule fois. En cas de changement de banque, une nouvelle assurance peut être nécessaire.
Location comme alternative à la vente
La vente n’est pas la seule solution. Louer la maison peut permettre de couvrir les paiements hypothécaires et une partie des dépenses (impôts, assurance, entretien). La gestion d’un bien locatif nécessite du temps et de l’organisation, mais pour beaucoup, cela devient une solution temporaire raisonnable.
Comment prendre une décision réfléchie
Les experts recommandent :
- Obtenir un calcul écrit des pénalités.
- Vérifier les conditions de transfert de l’hypothèque.
- Prendre en compte toutes les dépenses : pénalités, notaire, évaluation, taxe sur le transfert de propriété, déménagement, commission de l’agent immobilier.
- Demander à l’agent immobilier d’évaluer la possibilité de vendre à un prix plus élevé, même si la maison a été achetée il y a seulement deux mois.
- Comparer les options : vente, transfert de l’hypothèque, location.
- Consulter un courtier hypothécaire.
Ne pas se précipiter vers des décisions radicales
Deux mois, c’est trop court pour vraiment s’habituer à la nouvelle maison et au quartier. Souvent, le stress lié aux changements est particulièrement fort au début, mais avec le temps, la situation peut s’améliorer. Avant de tout casser, il vaut la peine de se poser la question : s’agit-il vraiment d’un problème insurmontable ou simplement d’un inconfort temporaire nécessitant une adaptation ?
Étapes utiles :
- Se donner du temps — de trois à six mois.
- Aider les enfants à trouver des activités, du sport, des amis.
- Apprendre à mieux connaître le quartier : magasins, parcs, communautés locales.
- Aménager et « s’approprier » la maison — rénovation, décoration, confort.
- Établir des liens sociaux avec les voisins et l’école.
Parfois, cela suffit pour que le sentiment d’aliénation disparaisse. Et parfois, cela permet de comprendre définitivement qu’il est temps de passer à autre chose.





