Après plusieurs années où l’achat d’un bien immobilier au Québec ressemblait à une tâche presque impossible, le marché semble prêt à ralentir un peu en 2026. Il ne s’agit cependant pas d’une chute brutale des prix ou d’un effondrement — plutôt d’un retour à un état plus calme et prévisible après une période d’extrême surchauffe.
Selon les dernières prévisions, le marché reste actif, mais devient moins chaotique et un peu plus favorable aux acheteurs.
« Le marché immobilier québécois ne passe pas à une phase de déclin sérieux. Il entre dans une période de transition, où l’activité se normalise après des sommets historiques, tout en restant au-dessus des moyennes des années précédentes », déclare Charles Brant, directeur du service d’analyse de marché de l’Association des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).
À l’échelle de la province, environ 95 700 transactions sont attendues en 2026 — soit 2 % de moins que l’année précédente. Cette légère baisse s’explique par un ralentissement de la croissance démographique, un problème persistant d’accessibilité au logement et une pénurie chronique d’offre dans de nombreuses régions.
Taux d’intérêt stables — un souffle d’air pour les acheteurs
Un des rares facteurs vraiment positifs pour les acheteurs sera la situation des taux d’intérêt. Après de fortes fluctuations ces dernières années, la politique monétaire, selon l’APCIQ, est entrée dans une phase de stabilisation. Cela rend le marché plus prévisible et réduit le niveau d’anxiété parmi les ménages — tant pour l’achat d’une première maison que pour le renouvellement des prêts hypothécaires.
L’atmosphère sur le marché change également : les transactions en 2026 continueront d’être actives, mais sans le sentiment constant d’urgence. La pratique des offres multiples et des « courses » de prix, caractéristique des dernières années, continuera de s’estomper progressivement.
« Les enchères hyper compétitives continueront de s’affaiblir, bien qu’elles ne disparaissent pas complètement — surtout dans les segments et régions avec une offre extrêmement limitée », note Charles Brant.
« Mieux » ne signifie pas « moins cher »
Malgré un certain refroidissement, les prix des logements continueront d’augmenter. En moyenne, au Québec, le prix médian d’une maison unifamiliale atteindra 520 200 dollars en 2026, ce qui représente une augmentation de 6 %. Le coût des condominiums augmentera de manière plus modérée — jusqu’à 408 000 dollars (+3 %).
La pénurie persistante d’offre et les coûts de construction élevés continuent de jouer en faveur des vendeurs.
Cependant, les différences régionales restent très significatives. À Montréal, une légère baisse de l’activité est attendue, surtout dans le segment des maisons individuelles, où des prix élevés et un choix limité poussent les acheteurs à agir avec prudence. Le marché des condominiums, en revanche, peut offrir plus d’options, ce qui favorise une stabilisation relative des prix.
Dans la région de Québec, la situation est différente : la pénurie d’offre reste aiguë et la pression sur les prix est élevée. Dans d’autres régions de la province, plus accessibles, la hausse pourrait dépasser la moyenne québécoise, notamment grâce à la demande des primo-accédants et à l’intérêt pour les propriétés locatives — duplex et triplex (plex).
« Les marchés régionaux évolueront à des rythmes différents en 2026. Là où l’offre reste extrêmement limitée, la pression sur les prix persistera même en cas de baisse de la demande globale », souligne Camille Laberge, directrice adjointe et économiste en chef de l’APCIQ.
Pas un miracle, mais une pause
2026 ne sera pas un moment magique où l’achat d’un logement redeviendra simple et accessible à tous. Cependant, pour ceux qui ont reporté leurs projets en raison d’un marché surchauffé et d’une grande incertitude, l’année à venir pourrait apporter un soulagement tant attendu.
Le marché immobilier québécois semble entrer dans une phase plus calme — moins tendue, plus prévisible et un peu moins étouffante que les années précédentes.





